Canine

Bio

Elle chante en français, elle chante en anglais, elle chante surtout une langue étrange, personnelle, d’une voix déterminée et languide : on se demande parfois si Canine est homme, est femme. Le chant de Canine est grave, car on ne peut pas tricher avec la soul qu’elle détourne vers une version très personnelle du genre, qui doit autant au R&B de pointe qu’au vintage Phantom Of The Paradise. La voix de Canine ne fut pourtant pas toujours si grave : dans son adolescence passée entre Nice et Paris, elle coloria ainsi des chansons espiègles, aux limites de la pop et du dancefloor. Aujourd’hui, sur son premier album, les entraînants Twin Shadow, Sweet Sway ou Forgiveness s’en souviennent. Mais une nuit, cette maniaque du chant, auquel elle consacre plusieurs heures par jour, fait un rêve, aux limites de l’orgasme : sa voix y atteint une note impossible, “très ample et très agréable”. Ce chant la submerge, l’emporte, elle se visualise vomissant des vagues de son, comme les dévots se mettent mystérieusement à parler en langues lors d’intenses cérémonies religieuses. Elle se réveille libérée, exaltée : elle est devenue chanteuse. Il faudra appliquer ensuite la même méticulosité, la même constance à sa musique, à ses arrangements irréels, à ses rythmes aussi physiques que ses mélodies sont oniriques. Il faudra à cette défroquée du Conservatoire quelques années supplémentaires pour maîtriser son rêve aussi fou qu’ambitieux d’une musique vaste, inédite, indescriptible à base de cordes, de chants multiples et de beats sensuels. Après être devenue chanteuse dans un rêve, Canine se transforme en musicienne du monde des rêves : sur son premier album, ses chansons évoquent l’hébétude de l’aube, entre chien et loup, quand les sens sont aussi troublés qu’exacerbés, aussi flous qu’hyper sensibles. Il faut ainsi entendre Dune ou Ventimiglia pour se convaincre qu’elle a déniché dans la démesure de son imagination, mais aussi l’obstination de son labeur, une outre pop, une soul futuriste. Sur ce premier album farouchement personnel, elle révèle ainsi un monde bien à elle dont Home ou Bienveillance pourraient être les hymnes. Sa musique, c’est ce moment où fusionne le sommeil fantasmagorique et la réalité charnelle, quand l’impossible, le magique prend corps. C’est une musique pour danser, une musique pour penser, pour songer que développe patiemment le premier album de Canine. Un véritable album, bâti comme une cathédrale, tout en détails, en dédales, qui offre une expérience sensorielle d’où l’on sort hagard et béat, avec une seule idée en tête : repartir immédiatement dans ce trip en montagnes russes, dans ce bain réparateur. C’est peu dire qu’on est mordu de Canine.

En concert

9 novembre 2019 @ Carré Sam (Boulogne-sur-Mer)
Place d’Argentine, 62200 - Boulogne-sur-Mer

Première partie: Saso [écho]


de 20h00 à 23h30
Tarif(s) : 10 € et 5 € tarif réduit (- de 25 ans, étudiants, demandeurs d’emploi, titulaires du revenu de solidarité active et groupe de plus de 10 personnes)
Réservation : 03.21.10.39.55

 
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